Note agricole

Posté le 24 juillet 2012 par delinetcom dans AGRICULTURE

Le café et le cacao disparaissent en Côte d’Ivoire pour faire place à l’hévéa

La Côte d’Ivoire, fait partie des pays du monde envers lesquels la nature a été très généreuse du fait de leur situation géographique. En effet, située dans la zone intertropicale, elle a un sol, un climat et une végétation d’une richesse sans commune mesure. Cette position stratégique fait que les produits agricoles tels que le Café et le Cacao, essentiels produits d’exportation, ont fait de ce pays l’un des moteurs de l’économie de l’Afrique Sub-Saharienne. Mais, ces produits n’ont plus le même rayonnement d’antan. Ce sur quoi nous tentons d’attirer l’attention de tous avec cet article

LE  CAFÉ

Un caféier La Côte d’Ivoire qui a produis 143.953 tonnes de Café en 2009, est tombée à 94.372 tonnes en 2011; soit une baisse de production de 34,44%, à l’ouverture officielle de la campagne de l’année 2011 à Abidjan. Et pourtant, le prix d’achat aux planteurs avait été fixé à 650 FCFA le kg cette année-là, contre 575 FCFA le kg en 2009

La Côte d’Ivoire qui se vantait il y a 20 ans d’être le 3ème producteur mondial de Café après le Brésil et la Colombie avec 400 mille tonnes, ne produit aujourd’hui qu’environ 100 mille tonnes, faisant passer ainsi le pays au rang de 12ème producteur mondial. Dans la production du Café Robusta, elle se classifie même après l’Indonésie à la seconde place.

Mais que se passe -t-il dans le secteur de production du Café en Côte d’Ivoire?

 

   Il faut savoir que laNote agricole dans AGRICULTURE café-cerise-verte Côte d’Ivoire n’a jamais fait partie des fournisseurs qui cultivent un café supérieur. La qualité du café produit en Côte d’Ivoire n’a jamais pu inspirer les connaisseurs

   Les exploitants agricoles ivoiriens ont manqué d’échanger les caféiers devenus très vieux et non rentables par des nouvelles variétés plus rentables.

   L’entretient d’une plantation de Café revient très coûteux aux planteurs. Il lui faut une main d’oeuvre, d’abord pour le nettoyage de la plantation, qui se fait absolument deux fois dans l’année. ( Pour rappel, l’exploitant doit débourser 25.000FCFA par ha pour chaque nettoyage). Ensuite il y a la récolte, et le conditionnement qui lui, comprend le ramassage des cerises, leur séchage et leur décorticage qui est lui aussi coûteux (25 F le kg de Café décortiqué)

   Reste à mentionner que la récolte du Café ne se fait qu’une seule fois dans l’année. Avec ces prix au kg que l’on propose actuellement aux exploitants de ce secteur, de quel revenu disposent-ils pour faire face à ces différentes charges ?

   Faisons ici une comparaison en utilisant les chiffres obtenus auprès des acteurs de la filière Café : pour une superficie d’un hectare, le planteur de Café obtient 5% de la recette qu’il aurait obtenu dans l’année s’il y avait planté du Cacao.

LE CACAO

cacaoyer

Cacaoyer ou cacaotier

   Arrivé en Côte d’Ivoire à la fin du dix-neuvième siècle du Brésil en transitant par l’Île de Sao Tomé puis par le Ghana, le Cacao est le moteur incontesté du miracle Ivoirien.

   Aujourd’hui plus d’un million de petits planteurs (moins de 5ha) ont hissé la Côte d’Ivoire au rang du premier producteur mondial de Cacao ( 40% de la production mondiale en 1996)

   Le cacaoyer ou cacaotier pousse dans toute la zone forestière du pays avec des débouchés vers les ports d’Abidjan pour les producteurs de l’Est et de San Pédro pour les producteurs de l’Ouest.

   Avec l’industrialisation du pays près du 1/5 de la production est transformé sur place en produits intermédiaires. Grace à sa douceur, à sa faible acidité et à son arôme chocolat traditionnel, le Cacao Ivoirien est très prisé. Il est largement utilisé par les industriels du monde entier: Europe, Etats-Unis, la Russie et même en Asie (Malaisie, Chine) et le Brésil.

cabosse de cacao

   Depuis 2001, ces petits planteurs ont commencé à profiter du fruit de leur labeur avec la hausse des prix du Cacao aux planteurs pouvant atteindre 1200 FCFA le kg, chiffre non encore égalé; malgré le lynchage médiatique dont faisait l’objet ce pays en cette période-là, dû au fait que les planteurs Ivoiriens emploieraient des enfants dans leurs plantations.

   Cette hausse des prix a poussé beaucoup d’exploitants agricoles à faire revivre certaines vieilles plantations de Cacao abandonnées à cause des prix très bas des années écoulées.

   Mais aujourd’hui avec les différents conflits armés que vit le pays depuis 2002, la Côte d’Ivoire est devenu un grand centre de contrebande de Cacao (et même de Café) rendant ainsi certains pays voisins, même désertiques, producteurs de Cacao.

   Le secteur du Cacao commence à vivre au ralenti. Depuis le second semestre de l’année 2010, les prix proposés aux planteurs ont considérablement baissés; or l’entretient de ces plantations est délicat et fastidieux, et nécessite beaucoup de moyens humains et financiers. Quand on sait que la culture du Cacao connait seulement deux récoltes significatives dans l’année, il est clair que le planteur soit incapable de faire face à ces différents coûts d’entretient, car il voit ici son pouvoir d’achat s’aménuiser.

   En somme, l’exploitant agricole Ivoirien est en quête perpétuel de la hausse de son revenu pécuniaire pour améliorer sa condition de vie, qu’importe ce qu’il produit.

   Il faut alors craindre que la culture du Cacao, comme celle du Café, rentrent dans les oubliettes pour faire place à la culture de l’hévéa qui prend déjà des proportions inimaginables.

L’HÉVÉA

 une plantation d'hévéa

                                                            Une plantation d’hévéa

   L’hévéa culture, réalisée dès 1955 à partir de 3 millions de graines d’hévéa transportées par avion du Vietnam, est devenu actuellement la nouvelle source de revenu très fiable (pour le moment) dans le milieu agricole Ivoirien. On assiste aujourd’hui à une floraison de vastes plantations d’hévéa dans toute la zone forestière de la Côte d’Ivoire. Cette nouvelle habitude agricole est à présent la principale activité de week-end et de vacances des hauts fonctionnaires de ce pays; qui voient en cette culture la meilleure possibilité d’avoir des ressources additionnelles. Aujourd’hui, comme exemple, en partant d’Abidjan pour San Pédro par l’autoroute de la « côtière », on ne peut même plus voir de plants autre que ceux d’hévéa; même pas de bananiers aux bords de routes. Tout le monde cultive l’hévéa, et personne ne songe même à cultiver des vivriers pour sa propre consommation. Comment peut-on avoir de si grandes plantations sans prévoir de quoi se nourrir ? On se dit, qu’avec l’hévéa on est sûre d’avoir, après 6 ans, des millions de francs CFA par mois.

   Toutes ces cultures sont très importantes dans l’économie Ivoirienne. Le Café et le Cacao ont fait et continuent de faire la gloire de ce pays. Chaque pays a son icône, celle de la Côte d’Ivoire est le  » Café-Cacao ». Ces cultures ne doivent par conséquent pas disparaître.

   Il faudra très rapidement faire quelque chose pour équilibrer dans le secteur agricole Ivoirien. Surtout mettre à la disposition du Centre National de Recherche Agronomique (CNRA), des moyens conséquents pour améliorer la productivité des plants de Caféiers et Cacaoyers et trouver de nouvelles variétés capables de résister aux parasites. Songer également à mettre en place un plan d’encouragement des acteurs de chacun de ces secteurs de production qui font la fierté de ce pays.

   Si rien n’est fait, on risque d’avoir, d’ici 10 ans, du latex dans nos tasses au petit déjeuner.

Pensez-y

récolte du latex

2 Commentaires le “Note agricole”

  1. lise julie

    Vraiment bien rédigé.Il est vrai que l’hévéa culture prend de plus en plus de l’ampleur dans notre pays mais n’oublions pas que cette culture soit autant importante du fait du caoutchouc matière cruciale pour la fabrication de nombreux objets utiles dans le ménage quotidien et même corporels: cuvettes,seaux,assiettes,chaussures,verres etc….Alors pour pallier à la propension de l’hévéa culture,il serait bien et mieux de pratiquer ces cultures de façon concomittantes.Nous éviterons ainsi que le pays ne sombre dans une famine indescriptible à mon humble avis.Lise

  2. delinet.com

    Merci pour ce commentaire.

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